dimanche 21 février 2010

Enfin le nouveau gouvernement Muzito


 

Fini le suspense. Le Président de la République vient de remanier le gouvernement ainsi que son cabinet. Premier constat : le maintien de Adolphe Muzito au poste de Premier ministre. Deuxième constat : la réduction des postes ministériels. De 54 membres, l’ Exécutif est composé désormais de 43 ministres et vice-ministres. Gouvernement d’austérité. Troisième constat: mission placée sous le signe du social et de la préparation des prochaines élections. Grands défis à relever.


Congo-Rdc: Enfin le nouveau gouvernement Muzito
Outre le Gouvernement, le chef de l’Etat a également remanié son cabinet avec la nomination d’un nouveau chef de cabinet et d’un Conseiller spécial en matière de sécurité. - Volonté de donner une nouvelle impulsion à l’action de l’Etat.

L’attente a paru longue. Attendu depuis juin 2009, le remaniement du gouvernement vient en fin d’intervenir. Au terme de l’ordonnance rendue publique hier soir vendredi, le Président de la république a procédé au remaniement du gouvernement. A la lecture de la composition de cette équipe, on constate que le Président de la république a renouvelé sa confiance au Premier ministre qui a été reconduit dans ses fonctions. Mais également à François –Joseph Nzanga Mobutu en qualité de Premier ministre, ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale. Maintien qui prouve que la coalition AMP-PALU-UDEMO se porte bien et qu’il y a eu plus de peur que de mal. Quitte à prendre en compte toutes les observations pertinentes pour continuer à gouverner ensemble.

Toutefois, on remarque des départs importants ont été enregistrés. Il s’agit précisément des anciens vice-premiers ministres Emile Bongeli et Mutombo Bakafwa Nsenda. Mais également celui de Matenda, ancien ministre des Finances, Lokoka, ministre du Budget. L’ancien ministre des finances a été remplacé par Matata Ponyo, ancien Directeur général de BCECO qui travaille en étroite collaboration avec le FMI et la Banque Mondiale. Quant à Pierre Lumbi ancien ministre des Infrastructures, des Travaux publics et Reconstruction, il a été appelé à d’autres fonctions en qualité de Conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité.

Gouvernement d’austérité

Autre particularité à relever, la taille du gouvernement. De 54 membres, l’ Exécutif compte désormais 43 membres. Cette réduction de la taille du Gouvernement par le regroupement de certains portefeuilles et départementaux a comme objectif de rendre plus compacte l’équipe gouvernementale pour plus d’efficacité, de diminuer le train de vie de l’Etat en vue d’atteindre les objectifs du point d’achèvement et de stabilisation du cadre macro-économique. Il s’agit là d’un gouvernement d’austérité et que tous les ministères en feront autant pour réduire le nombre de leurs conseillers pléthoriques..

Ses missions consistent à consolider des acquis du Gouvernement de mission en ce qui concerne la paix, la restauration et l’ affirmation de l’ autorité d el’ Etat et l’ ouverture diplomatique ; à poursuivre le programme de la reconstruction nationale et la réalisation de 5 chantiers de la République par l’ accélération de la croissance économique, à améliorer le social des populations grâce notamment aux mesures d’assainissement du climat des affaires, à l’ application de la politique de « Tolérance zéro » et aux avantages d’atteinte du point d’achèvement et de la stabilisation du cadre macroéconomique, et enfin à l’ organisation des élections. Il s’agit là des grands défis à relever.

Dans le même ordre d’idées, le président de la république a procédé au remaniement de son cabinet. Pierre Lumbi Okongo a été nommé Conseiller spécial de Sécurité et G. Beya, nouveau Directeur de cabinet.

Ci-après l’intégralité de l’ordonnance portant nomination des membres du Gouvernement..

Ordonnance n° 10/ du portant nomination des vice-premiers ministres, des ministres et des vice-ministres

Le Président de la République,

Vu la Constitution, spécialement en ses articles 78, 79 et 90 ;

Revu l’Ordonnance n° 08/067 du 26 octobre 2008 portant nomination des Vices-Premiers Ministres, Ministres et Vice-Ministres ;

Sur proposition du Premier Ministre ;

ORDONNE :

Article 1er :

Sont nommées Vice-Premiers Ministres, les personnes ci-après :

1. Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance Sociale : Monsieur François-Joseph NZANGA MOBUTU NGBANGAWE

2. Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité : Monsieur Adolphe LUMANU MULENDA BWANA N’SEFU

3. Vice-Premier Ministre, Ministre des Postes, Téléphones et Télécom-munications : Monsieur Simon BULUPIY GALATI

Article 2 :

Sont nommées Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après :

1. Ministre des Affaires Etrangères : Monsieur Alexis THAMBWE MWAMBA

2. Ministre de la Coopération Internationale et Régionale : Monsieur Raymond TSHIBANDA N’TUNGAMULONGO

3. Ministre de la Défense Nationale et Anciens Combattants : Monsieur Charles MWANDO SIMBA

4. Ministre de la Justice et Droits Humains : Monsieur LUZOLO BAMBI LESSA

5. Ministre de la Décentralisation et Aménagement du Territoire : Monsieur Antipas MBUSA NYAMWISI

6. Ministre des Relations avec le Parlement : Monsieur Richard MUYEJ MANGENZ

7. Ministre de la Communication et Médias : Monsieur Lambert MENDE OMALANGA

8. Ministre des Finances : Monsieur MATATA PONYO MAPON

9. Ministre du Budget : Monsieur Jean-Baptiste NTAHWA KUDERWA BATUMIKE

10. Ministre du Plan : Monsieur Olivier KAMITATU ETSU

11. Ministre du Portefeuille : Madame Jeannine MABUNDA LIOKO

12. Ministre de l’Economie Nationale : Monsieur Jean-Marie BULAMBO KILOSHO

13. Ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction : Monsieur Fridolin KASWESHI MUSOKA

14. Ministre de l’Energie : Monsieur Gilbert TSHIONGO TSHIBINKUBULA WA TUMBA

15. Ministre des Mines : Monsieur Martin KABWELULU LABILO

16. Ministre des Hydrocarbures : Monsieur Célestin MBUYU KABANGO

17. Ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme : Monsieur José ENDUNDO BONONGE

18. Ministre des Transports et Voies de Communication : Madame Laure-Marie KAWANDA KAYENA

19. Ministre de la Santé Publique : Monsieur Victor MAKWENGE KAPUT

20. Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire : Monsieur Leonard MASHAKO MAMBA

21. Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel :Monsieur Maker MWANGU FAMBA

22. Ministre de l’Agriculture : Monsieur Norbert BASENGEZI KATINTIMA

23. Ministre du Développement Rural : Monsieur Philippe UNDJI YANGYA

24. Ministre de l’Industrie : Monsieur Anicet KUZUNDA MUTANGIJI

25. Ministre du Commerce, Petites et Moyennes Entreprises : Monsieur Bernard BIANDO SANGO

26. Ministre du Genre, Femme et Enfant : Madame Marie-Ange LUKIANA MUFWANKOLO

27. Ministre des Affaires Foncières : Monsieur KISIMBA NGOY MAJ

28. Ministre de l’Urbanisme et Habitat : Monsieur César LUBAMBA NGIMBI

29. Ministre des Affaires Sociales, Action Humanitaire et Solidarité Nationale : Monsieur Ferdinand KAMBERE KALUMBI

30. Ministre de la Fonction Publique : Monsieur Dieudonné UPIRA SUNGUMA KAGIMBI

31Ministre de la Recherche Scientifique : Monsieur Jean-Pierre BOKOLE OMPOKA

32. Ministre de la Culture et Arts : Madame Jeannette KAVIRA MAPERA

33. Ministre de la Jeunesse et Sports : Monsieur Claude BAZIBUHE NYAMUGABO

Article 3 :

Sont nommées Vice-Ministres aux fonctions en regard de leurs noms, les personnes ci-après :

1. Vice-Ministre de l’Intérieur : Monsieur Georges ZUKA MON’DO UGONDA-LEMBA

2. Vice-Ministre des Affaires Etrangères : Monsieur Ignace GATA MAVITA WA LUFUTA

3. Vice-Ministre des Finances : Monsieur Joas MBITSO NGEDZA

4. Vice-Ministre du Budget : Monsieur André SHIKAYI LUBOYA BANKINA

5. Vice-Ministre du Commerce : Madame Xaverine KAROMBA MITIMITUJE

6. Vice-Ministre des Travaux Publics : Monsieur Gervais NTINUMENYERWA KIMONYO

7. Vice-Ministre de l’Enseignement Professionnel : Monsieur Arthur SEDEA NGAMO ZABUSU

Article 4 :

Sont abrogées, toutes les dispositions antérieures contraires à la présente Ordonnance.

Article 5 :

Le Premier Ministre est chargé de l’exécution de la présente Ordonnance qui entre en vigueur à la date de sa signature.

Fait à Kinshasa, le

Joseph KABILA KABANGE

Président

Adolphe MUZITO

Premier Ministre

Source:Le Potentiel

dimanche 14 février 2010

MOBUTU ET L'AUTHENTICITE / ZAIROIS


Mobutu et les Leopards du Zaire (coupe du monde 1974)


vendredi 12 février 2010

koffi cola ; a qui profite le mensonge ?


mercredi 10 février 2010

RD Congo-Canada : Au bord de l’incident diplomatique





Madame Sigrid Anna Johnson, ambassadeur du Canada auprès de la RD Congo.
En cause, une affaire de harcèlement. L’ambassadeur du Canada à Kinshasa accuse le directeur du cabinet présidentiel, Adolphe Lumanu Bwana Nsefu, d’avoir tenté de l’embrasser de force. Les faits se seraient passés à la Présidence de la République. Du berger à la bergère, Lumanu, lui, «accuse» la diplomate d’avoir tenté de l’«allumer». Les Canadiens exigent des excuses officielles. Le ministre congolais des Affaires étrangères regrette l’incident mais reproche à la diplomate d’avoir «provoqué» le fonctionnaire congolais.
Sous le titre «Harcèlement», notre chroniqueur Jacky Mopipi avait traité ce sujet sur le ton humoristique qui caractérise la rubrique «Tout Kin en parle». L’article a été mis en ligne en date du 14 janvier dernier. Adolphe Lumanu Mulenda Bwana Nsefu, le directeur de cabinet du «raïs» Joseph Kabila, écrivait Mopipi, «serait tout simplement tombé amoureux fou de l’ambassadeur du Canada (…)». Il s’agit de Madame Sigrid Anna Johnson dont l’état civil porte la mention : mariée. «Seulement voilà, (…), la dulcinée ne partage guère ce sentiment». Fatiguée de recevoir les «SMS» du «dircab» présidentiel, la diplomate serait allée se plaindre auprès du ministre congolais des Affaires étrangères. En vain. En désespoir de cause, elle aurait saisi sa hiérarchie à Ottawa. La chargée d’affaires a.i de la RD Congo au Canada aurait été convoquée au ministère canadien des Affaires étrangères où il lui aurait été signifié une protestation en bonne et due forme. On croyait que le dossier était classé. Hélas non !

Selon deux sources diplomatiques occidentales jointes au téléphone à Kinshasa, il se confirme que Kinshasa et Ottawa seraient au bord d’un «grave» incident diplomatique. La «directrice Afrique» au ministère canadien des Affaires étrangères se trouve actuellement en mission officielle dans la capitale congolaise. Elle a été aperçue samedi 6 février chez le doyen du corps diplomatique en compagnie de l’ambassadeur Johnson. De quoi ont-ils pu parler ?

A en croire ces deux sources, les autorités diplomatiques canadiennes auraient requis l’appui du doyen du corps diplomatique afin d’arrêter une «position commune». Il s’agit de notifier au chef de la diplomatie congolaise tout le mal que les diplomates en poste à Kin pensent de certains passages d’une note verbale adressée à l’ambassade du Canada par Alexis Thambwe Mwamba.

De quoi s’agit-il ?

Il semble bien que le directeur du cabinet présidentiel, Adolphe Lumanu Bwana Nsefu, aurait tenté d’embrasser de force l’ambassadeur du Canada. Les faits se seraient passés dans un local de la Présidence de la République, au Palais de la nation. La diplomate ne devrait son «salut» qu’aux cris stridents qu’elle a poussé. Ce chahut a incité des fonctionnaires à venir voir ce qui s’y passait. Elle a immédiatement pris son véhicule pour rentrer à son ambassade. Selon les sources précitées, Lumanu se serait précipité auprès du «raïs» pour se plaindre d’avoir été «harcelé» par la diplomate canadienne venue, selon lui, s’enquérir de la situation de l’opérateur minier canadien «First Quantum». Sur ces entrefaites, la responsable Afrique du ministère canadien des Affaires étrangères a saisi le ministre congolais des Affaires étrangères en exigeant des «excuses». Dans sa réponse, le ministre Thambwe dit regretter cet «incident malheureux» tout en soulignant que la faute incombe à la diplomate canadienne «pour avoir provoqué» Lumanu.

«Le doyen du corps diplomatique accrédité à Kinshasa, note une source, examine actuellement la réponse à donner à la malencontreuse lettre du ministre Thambwe. Il entend exiger des sanctions à l’encontre du directeur du cabinet présidentiel.»
Madeleine Wassembinya
© Congoindépendant 2003-201

mercredi 23 décembre 2009

Dongo : Un bataillon de la PIR décimé?





Des éléments de la PIR (Police d’intervention rapide). Photo radio Okapi
C’est en tous cas ce qu’indiquent des sources tant à Kinshasa qu’à Goma. Des policiers appartenant à la PIR (Police d’intervention rapide), venus du Nord Kivu, auraient été «décimés» lors des combats aux environs de Dongo.
Où est passé le volubile ministre congolais de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga ? Depuis la publication de son communiqué, en date du lundi 14 décembre, annonçant la reprise de la localité de Dongo par les forces gouvernementales, la veille, l’homme affiche un étrange mutisme. Ruse de guerre ou "malaise" ? "Nos forces sont parvenues hier après-midi à Dongo. De nombreux combattants (rebelles) ont été tués dans les affrontements, certains ont été capturés, d’autres ont disparu dans la forêt où nous les pourchassons. Nous contrôlons maintenant toute la ville", expliquait Mende à l’agence britannique Reuters.

A la décharge de «Lambert», la Mission onusienne en RD Congo est devenue toute aussi aphone sur les opérations militaires en cours dans le district du Sud Ubangi. Cette «aphonie» a débuté dès le lendemain de la visite du général Babacar Gaye dans la localité la plus disputée de la province de l’Equateur. Gaye s’y était rendu le mercredi 16 décembre. La plus grande surprise vient de la très professionnelle radio Okapi. Ce média, capté aux quatre coins de la RD Congo, n’est plus, depuis une semaine, d’un grand secours pour les auditeurs désireux de savoir ce qui se passe dans cette partie du pays. A l’exception des informations sur l’arrivée à Mbandaka des "déplacés" qui fuient la guerre. Il faut espérer que l’information sur Dongo ne fait pas l’objet d’une «caporalisation».

A Gemena, les quelques habitants joints au téléphone font état, eux aussi, d’un «black out» ambiant sur les informations en provenance du territoire de Kungu dans lequel se trouve Dongo. Un couvre-feu serait en vigueur chaque soir dans le chef-lieu du district du Sud Ubangi. Pas de nouvelle, bonne nouvelle ? Selon des sources concordantes, les forces loyalistes seraient «en difficulté» face à des combattants non autrement identifiés que par la dénomination «Patriotes-Résistants du Congo». Les services secrets tant congolais que ceux des «amis occidentaux» s’arracheraient les cheveux afin d’identifier les combattants qui tiennent tête depuis plusieurs jours aux forces de sécurité venues de Kinshasa et de l’arrière-pays.

Selon des sources à Kinshasa et à Goma, plusieurs centaines de policiers déployés à Dongo seraient «portés disparus». Il s’agirait d’un bataillon (+/- 500 hommes) de la PIR dont les hommes seraient tous venus de Goma. «L’hypothèse la plus vraisemblable, confie une source policière jointe à Kinshasa, est que les membres du bataillon ont été décimés ou blessés au combat. Nous avons appris qu’il y a de nombreux blessés graves évacués à l’hôpital de Gemena». Un correspondant joint au téléphone, mardi soir, à Goma, fait état d’un «certain émoi» dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu. «L’absence d’informations inquiète les parents et amis des policiers», souligne-t-il.

Faute d’informations officielles, la rumeur semble avoir pris le relais sur les événements de Dongo. Au cours de la journée de mardi 22 décembre, des informations circulant de bouche à oreille signalaient des «combats» à Mbandaka. Ce n’était qu’une fausse alerte. Reste que dans un communiqué daté lundi 21 décembre, le porte-parole des PRC a annoncé la chute de la localité de Makanza (ex-Nouvelle Anvers). Celle-ci serait située à 150 km en aval de Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur.
B.A.W
© Congoindépendant 2003-2009

Joseph Kabila et ses collaborateurs plus durs que Karel De Gucht



La dernière sortie médiatique du commissaire européen au Développement, l’ex-ministre belge des Affaires étrangères fait couler beaucoup d’encre. Le journal Le Potentiel (de ce vendredi 18 décembre 2009) a même publié un article intitulé «En disant chercher des interlocuteurs appropriés» en RDC, Karel De Gucht provoque Joseph Kabila». Le ministre congolais chargé de la Communication, a pour sa part, posé la question de savoir de quel Congo Karel De Gucht parlait.

Déployons un petit effort pour situer les propos de Karel De Gucht dans le contexte global de ce qui se passe chez nous. La sortie médiatique de Karel De Gucht coïncide avec l’ouverture, à Kinshasa, d’un forum sur la corruption. Le vice-Premier ministre qui a ouvert ce forum, Emile Bongeli, a confessé sa honte face aux proportions atteintes par la corruption dans notre pays.

Nous avons déjà oublié que Kabila s’est confié au New York Times au mois d’avril

Quelques mois avant l’ouverture de ce forum, au mois d’avril de cette année, voici ce que Joseph Kabila confiait à New York Times. A la question «Do you have the right people to help you?», Kabila répond après une longue pause : «Mobutu led this country for over 37 years. He created a political class and he created a mentality and we haven’t done away with that. The old ways are bad - corruption, misrule, mismanagement and all that. Our biggest mistake is that we have not found enough time to train and form our own cadres. You don’t need a thousand people to transform a country. No, you need 3,4, 10, 15 people with the necessary convictions, determined and resolute. Do I have those 15 people? Probably 5, 6, 7, not yet 15.»

Jusqu’au mois d’avril de cette année, Joseph Kabila n’avait pas encore trouvé, dans son entourage, 15 personnes convaincues, déterminées et résolues pour l’aider à transformer le Congo. En a-t-il trouvé après sa confession à New York Times? Non. La preuve est qu’il est devenu le seul maître à bord pour la gestion des finances du pays.

Tenez. Dans sa revue de presse d’hier (jeudi 17 novembre 2009) sur Congoforum, Guy De Boeck écrit: «Fort étrangement, une nouvelle est passée presque inaperçue dans la presse de ces jours derniers. C’est que, depuis le week-end dernier, Joseph Kabila tient tous les cordons de la bourse en RDC. La présidence vient d’annoncer le rattachement de l’Inspection générale des Finances (IGF) à ses services. Maintenant, seul le président de la République est habilité à "donner injonction à cette structure pour opérer des contrôles des différents services de l’Etat liés au fonctionnement de l’économie nationale et des services des douanes". Néanmoins, la justice peut agir par voie de réquisition pour obtenir certaines informations. Le communiqué précise également les attributions de l’inspecteur général et confirme "que les membres de l’IGF sont des fonctionnaires avec un statut particulier". Le président congolais souhaite donc prendre la haute main sur les finances de l’Etat après plusieurs différents au sein de l’exécutif gouvernemental.. Une reprise en main qui intervient également à moins de deux ans des élections présidentielles de 2011. » (Cette information donnée par Guy De Boeck peut être lue dans le journal DIA). Donc, la seule personne non-corrompue et capable de mieux contrôler les finances publiques en RD Congo s’appelle Joseph Kabila.

Pour dire les choses autrement, Joseph Kabila va plus loin que Karel De Gucht. Il disqualifie tout l’appareil exécutif et reste le seul maître à bord. Lui Joseph Kabila se débarrasse des «interlocuteurs non appropriés». Il aurait mieux fallu que nous puissions entendre le commentaire de Lambert Mende sur cette «dérive dictatoriale».

Karel De Gucht s’est-il contredit?

Non. Lui qui a toujours dénoncé les privilèges fabuleux de certains Congolais est revenu sur la violence qui sévit au Congo et il dit ceci : «Nul ne doute que le rapprochement politique et diplomatique entre le Rwanda et la RDC puisse être bénéfique pour la stabilité de la région et permette, si la bonne volonté existe, de deux côtés, de conduire à une coexistence pacifique et une coopération profitable aux deux pays au sein d’une CEPGL redynamisée.» Et il ajoute : «Toutefois ceci n’est que le début d’un chemin qui est encore long et plein de difficultés.»

Parmi les facteurs rendant ce long chemin périlleux, Karel De Gucht cite : l’exploitation illégale des ressources naturelles, l’impunité dans une vaste zone de non-Etat où la puissance publique non seulement est incapable d’assurer le contrôle du territoire mais dont les représentants font souvent partie du problème.» De Gucht remet en question l’accord Rwanda-RDC ayant permis «de neutraliser temporairement le CNDP et les revendications inacceptables de Laurent Nkunda». Il estime que cet «accord s’est tout simplement soldé par le remplacement de Nkunda par Bosco Ntaganda, plus malléable et prêt à n’importe quel compromis, en échange d’une immunité en violation de toutes les dispositions internationales en matières de crimes contre l’humanité que ni le Rwanda ni la RDC ne sont en droit ni en position de lui accorder.» Il pense qu’«à ce jour, l’intégration hâtive du CNDP dans une armée inefficace et proie de la gabegie comme les FARDC, l’accroissement d’un pouvoir autonome de Bosco Ntaganda par la mise en place d’une chaîne de commandement parallèle au sein des FARDC auquel le paiement irrégulier des militaires et l’absence de toute forme de discipline et hiérarchie fournissent un terrain fertile ; un appui de la Monuc aux opérations militaires contre les FDLR qui n’est pas suffisamment encadré et calibré ; le manque de réponse face aux revendications des minorités rwandophones … » peuvent aggraver la tragédie congolaise dans un proche avenir. Pour lui, l’argument qui consiste à évoquer les élections ayant eu lieu au Congo pour faire croire à la bonne marche du pays ne suffit pas.

Il est d’avis que «les élections sont un élément de la démocratie mais il ne faut pas oublier la nécessité de continuer à soutenir les institutions et les forces politiques dans une dimension dialectique avec l’opposition, sans laquelle nous ne seront pas dans un système politique ouvert. (…) Consolidation du système démocratique, bonne gouvernance, volonté politique : voici les éléments clés sur lesquels nous voudrions bâtir notre partenariat d’égal à égal avec la RDC.» (Nous recourons aux extraits de la traduction française de la Déclaration de la Commission (que dirige Karel De Gucht) sur la violence en République Démocratique du Congo. Cette Déclaration faite à Strasbourg le 16 décembre 2009 est plus riche que les petites phrases montées en épingle par les médias.) Bâtir sur ces trois éléments clés exige «des interlocuteurs appropriés». Karel De Gucht le souhaite. Joseph Kabila le confirme en cherchant dans son entourage 15 personnes introuvables et en devenant seul maître à bord pour les finances.

Il y a un autre débat que pourrait susciter la Déclaration de Karel De Gucht. Son silence sur les instruments juridiques à promouvoir pour contraindre les transnationales à répondre de leur implication dans les violences faites aux Congolais(es) et sa remise sur l’espace public européen la question de la protection des «minorités» rwandophones (ce prétexte auquel «ces tueurs tutsi» ont eu recours pour cacher leur coopération dans l’exploitation illégale des ressources naturelles de notre pays).

En marge de ce débat, sa Déclaration est faible par rapport aux propos tenus par Joseph Kabila au New York Times et aux actes qui les ont suivis dont la confiscation de la gestion des finances du pays.

Hélas ! Nos journalistes et plusieurs d’entre nous avons déjà oublié que Joseph Kabila est constamment à la recherche de 15 oiseaux rares après qu’il ait disqualifié tout son entourage au début du mois d’avril 2009. Nous ne voulons pas parler de sa récupération de la caisse de l’Etat. Amnésie quand tu nous tiens, nous devenons lâches et complices de nos misères ! Nous nous condamnons à répéter l’histoire au lieu de la faire !